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Heiner Müller à la sauce britanique – une Interview avec les metteurs en scène Philip Thorne et Oystein Brager

Saturday, September 5th, 2009

À travers l’exploration de deux textes du
dramaturge allemand Heiner Müller, deux jeunes
metteurs en scène d’outremanche interrogent
la déconstruction progressive d’un monde
où les personnages sont en quête d’eux-mêmes.

The Man in the Elevator (from The Task) & Scenes from The Hamletmachine

Où avez-vous étudié la mise en scène ?

Nous avons été formés durant trois ans dans
une école de théâtre : Rose Bruford College
à Londres. Nous en sommes sortis diplômés
l’an dernier. C’est avant tout une école pour
comédiens mais elle propose également
différents cycles d’études : design, scénographie
et enfin mise en scène. Chaque année, environ
cinq metteurs en scène en sortent. C’est là que
nous nous sommes rencontrés et avons décidé
de monter HamletMachine and The Man in the
Elevator qui était notre spectacle de sortie.

Comment s’est déroulée votre collaboration ?

Très bien. C’est notre première « vraie pièce »
après les exercices d’école et nous avons
beaucoup travaillé en amont, de nombreuses
lectures et de longues discussions, de telle
sorte que nos lignes directrices étaient bien
définies. Au départ, nous nous sommes partagé
le travail entre les deux pièces mais finalement,
nous avons tout fait ensemble. Arrivés au
plateau, nous pouvions diriger ensemble nos
comédiens car nous allions dans le même sens.
En revanche, il a fallu convaincre la direction
de l’école, assez classique, du bien-fondé d’un
tel projet car en Angleterre, Heiner Müller est
très peu monté et ne fait pas encore partie du
répertoire. C’était donc un défi particulièrement
excitant pour nous. On s’est dit : « on le monte
ensemble, on fait un travail d’équipe ».


Quelle était votre volonté en choisissant
d’adapter ces deux textes d’Heiner
Müller ?

À première vue, ces textes peuvent ne rien
avoir en commun, ils sont très denses et les
interprétations sont multiples. Toutefois, ils
parlent tous deux de la déconstruction d’un
monde, de la perte du passé historique de
l’humanité et de la façon dont on s’interroge
pour se retrouver soi-même. Il nous a paru
intéressant de faire de The Man in the elevator
une sorte de prologue d’HamletMachine qui
permet un voyage à travers le temps : tout se
passe comme si deux personnages avaient
survécu à une sorte de cataclysme et se
retrouvaient en même temps qu’ils retrouvent
peu à peu des bribes de passé. Heiner Müller
permet de sortir de la construction classique
d’une pièce, on abandonne la psychologie à la
Stanislavski pour quelque chose de beaucoup
plus trouble et complexe. C’est un matériau qui
offre une grande liberté. Nous avons adapté,
coupé dans le texte de Müller, réinséré des
passages du texte shakespearien, etc.

Votre travail de création va donc dans le
sens de cet éclatement dont vous parlez ?

Certainement. Par exemple, lorsque le comédien
découvre les restes d’une radio dans le sable, un
crâne, un livre il entend alors différents résidus
du passé : la voix de Churchill, de la musique
classique, quelques vers de Shakespeare.
Dans l’Hamlet de Shakespeare, Hamlet est
en dialogue avec le passé qu’il perçoit ; nous
avons voulu rendre cette perception éclatée
du temps, un peu à la manière d’une radio qui
tente de capter une station sans y parvenir de
façon durable.

Kévin Keiss

Still going strong

Monday, June 15th, 2009
Theatre National Strasbourg (photographer: Tamas Kiraly)

TNS, organizer of Festival Premières (photo: Tamas Kiraly)

Last year, after we’d performed Hamletmachine at the ITS Festival in Amsterdam, we thought: That’s it. The show’s been going for a year and a half since its first performance at BAC, this is a worthy end.

But no!  A year later, the machine is back again (no killing the machine!) and it looks like it might keep going for some time still. On 5th and 6th of June we performed at the lovely Festival Premières in Strasbourg, France. The festival was organised by Le-Maillon Theatre de Strasbourg and Theatre National Strasbourg, and the beautiful Theatre Jeune Publique hosted our show. With incredibly helpful theatre and festival staff, it was a joy to revive the show.

Theatre Jeune Publique, our riverside venue!

Theatre Jeune Publique, our riverside venue!

The festival hosted 10 shows by young directors from all over Europe. A show which made a particularly strong impression on us was Sanja Mitrovic’s Will You Ever Be Happy Again, a “docu-tale” comparing the experiences of a young Serbian, with German experiences of WW2. This was done with humour, insight and lots of energy. If you get a chance to see it, do! (It’s currently touring Europe…)

We performed Hamletmachine three times to sold out houses, participated in a platform discussion event with the other directors and were interviewed for the German/Frech TV channel ARTE. We look forward to performing in France again in the near future…

The auditorium of the TJP seen from the stage

The auditorium of the TJP with some of the helpful staff

For more info on Festival s Premières see:

http://www.le-maillon.com/

- Oystein