Archive for September, 2009

New Imploding Fictions initiative: Oslo International Theatre seeks translators!

Wednesday, September 9th, 2009

The number of contemporary international plays made available to Norwegian audiences is very limited. Many of the best emerging new plays and playwrights never find their way to the theatres in Oslo. Imploding Fictions has decided to do something about this, and we have therefore started the process of launching a new initiative in Oslo: Oslo International Theatre (OIT).

OIT will translate the best contemporary international plays into Norwegian and present them as rehearsed readings at an Oslo venue. OIT will initially be run as an idealistic, non-profit venture. There is already a lot of interest in this project amongst our Norwegian colleagues, but we still need more people to join in!

At the moment we are specifically looking for people to translate for us. If you have a passion for contemporary drama, share our desire for experiencing more of the best international drama in Norwegian and would like to help us out by translating a play, get in touch! To start off with we are looking for people who can translate from French, German and Croatian, but do get in touch if you speak other languages as well.

We are also interested in hearing from actors and generally anyone who might be excited by this project! Send an email to oysteinbrager@hotmail.com.

Heiner Müller à la sauce britanique – une Interview avec les metteurs en scène Philip Thorne et Oystein Brager

Saturday, September 5th, 2009

À travers l’exploration de deux textes du
dramaturge allemand Heiner Müller, deux jeunes
metteurs en scène d’outremanche interrogent
la déconstruction progressive d’un monde
où les personnages sont en quête d’eux-mêmes.

The Man in the Elevator (from The Task) & Scenes from The Hamletmachine

Où avez-vous étudié la mise en scène ?

Nous avons été formés durant trois ans dans
une école de théâtre : Rose Bruford College
à Londres. Nous en sommes sortis diplômés
l’an dernier. C’est avant tout une école pour
comédiens mais elle propose également
différents cycles d’études : design, scénographie
et enfin mise en scène. Chaque année, environ
cinq metteurs en scène en sortent. C’est là que
nous nous sommes rencontrés et avons décidé
de monter HamletMachine and The Man in the
Elevator qui était notre spectacle de sortie.

Comment s’est déroulée votre collaboration ?

Très bien. C’est notre première « vraie pièce »
après les exercices d’école et nous avons
beaucoup travaillé en amont, de nombreuses
lectures et de longues discussions, de telle
sorte que nos lignes directrices étaient bien
définies. Au départ, nous nous sommes partagé
le travail entre les deux pièces mais finalement,
nous avons tout fait ensemble. Arrivés au
plateau, nous pouvions diriger ensemble nos
comédiens car nous allions dans le même sens.
En revanche, il a fallu convaincre la direction
de l’école, assez classique, du bien-fondé d’un
tel projet car en Angleterre, Heiner Müller est
très peu monté et ne fait pas encore partie du
répertoire. C’était donc un défi particulièrement
excitant pour nous. On s’est dit : « on le monte
ensemble, on fait un travail d’équipe ».


Quelle était votre volonté en choisissant
d’adapter ces deux textes d’Heiner
Müller ?

À première vue, ces textes peuvent ne rien
avoir en commun, ils sont très denses et les
interprétations sont multiples. Toutefois, ils
parlent tous deux de la déconstruction d’un
monde, de la perte du passé historique de
l’humanité et de la façon dont on s’interroge
pour se retrouver soi-même. Il nous a paru
intéressant de faire de The Man in the elevator
une sorte de prologue d’HamletMachine qui
permet un voyage à travers le temps : tout se
passe comme si deux personnages avaient
survécu à une sorte de cataclysme et se
retrouvaient en même temps qu’ils retrouvent
peu à peu des bribes de passé. Heiner Müller
permet de sortir de la construction classique
d’une pièce, on abandonne la psychologie à la
Stanislavski pour quelque chose de beaucoup
plus trouble et complexe. C’est un matériau qui
offre une grande liberté. Nous avons adapté,
coupé dans le texte de Müller, réinséré des
passages du texte shakespearien, etc.

Votre travail de création va donc dans le
sens de cet éclatement dont vous parlez ?

Certainement. Par exemple, lorsque le comédien
découvre les restes d’une radio dans le sable, un
crâne, un livre il entend alors différents résidus
du passé : la voix de Churchill, de la musique
classique, quelques vers de Shakespeare.
Dans l’Hamlet de Shakespeare, Hamlet est
en dialogue avec le passé qu’il perçoit ; nous
avons voulu rendre cette perception éclatée
du temps, un peu à la manière d’une radio qui
tente de capter une station sans y parvenir de
façon durable.

Kévin Keiss